[./index.html]
[./historique.html]
[./presentation.html]
[./contact.html]
[./balades_hiver.html]
[./balades_ete.html]
[./drosera.html]
[./chauvesouris.html]
[./reptiles.html]
[./oiseaux.html]
[./vissou.html]
[./baumes.html]
[./capitelle.html]
[./f_hue.html]
[./reboul.html]
[./poemes.html]
[./natura2000.html]
[Web Creator] [LMSOFT]
Henri Reboul ( 1763-1839 )  Homme des sciences
les rues à remonter le temps…
Les noms des rues de notre cité fossilisent (parfois momentanément) des éléments suffisamment fondamentaux pour que les anciens les aient gravés à la vue des générations suivantes. Certains noms anciens ont été ou seront remplacés, faisant ainsi disparaître de précieuses informations que seules les archives permettront de retrouver. Parmi ceux qui nous sont parvenus, le sens porté par les plaques de rues est très varié et permet de localiser des corps de métiers (rue des calquières, rue triperie vieille…) ou des sites stratégiques pour l'économie locale (rue du four, du bosc de la ville…). Nombre de rues ont également porté jusqu'à nous le nom de piscénois importants en leur temps et qui, faute d'en avoir entretenu la mémoire, ont sombré au rang des illustres inconnus. Henri Paul Irénée Reboul fait partie de ce contingent illustre. On le croise sans plus y prêter attention en arpentant cette rue aussi nommée "de l'Hôpital" (ancien Impasse des Capucins…). Qui sait aujourd'hui que durant les XVIIIème et XXème siècle la famille des Reboul posséda la majorité des Hôtels particuliers du côté sud de cette rue et que Henri lui-même construisît une fabrique de produits chimiques dans l'ensemble qui correspond aujourd'hui aux bâtiments et jardins de l'Hôtel De Juvenel ? De Pézenas à Toulouse, durant ses années d'études, de Toulouse à Paris, durant ses années d'action politique au service de la Révolution, de Paris en Italie au service de Bonaparte, et enfin durant sa retraite piscénoise Henri Reboul aura traversé et participé aux courants politiques et scientifiques qui devaient transformer un monde ancien dans ses relations à l'ordre de la Nature et à l'ordre social à un monde en mutation qui a porté les germes de ce qui constitue notre modernité.
Henri Reboul est né le 21 Juillet 1763. Il est le troisième fils de Jacques Reboul et de Marianne Mazel. La famille Reboul s'établit à Pézenas au XVIIIème siècle avec le grand père Joseph qui développe, dans la tradition familiale, un commerce de négoce des laines et textiles. L'alliance entre les familles Reboul et Mazel devait générer une dynastie locale qui imprima son empreinte économique, agricole, financière et politique de la seconde moitie du XVIIIème siècle jusqu'à la fin du XIXème au travers des familles auxquelles les filles Reboul furent mariées.( De Juvenel, Fabre, Lépine, Barral d'Arènes, Latude, De Grasset…).
La période toulousaine (1782-1788)l'autodidacte au contact des révolutions scientifiques:
Après une formation initiale poursuivie essentiellement chez les Oratoriens où enseignent ses oncles, Henri Reboul poursuit ses études dans le domaine du droit. Cette formation, choisie sous pressions familiales, lui permet toutefois d'entrer en contact avec une communauté scientifique en ébullition dans l'une des plus actives Université de France. C'est à 19 ans qu'il arrive donc dans la capitale provinciale accompagné de son cousin François Mazel. De 1782 à 1789, H. Reboul développera nombre de relations qui lui permirent d'intégrer le monde des sciences:
Avec Casimir de Puymaurin ( 1757-1841 ), Reboul découvre les travaux de Lavoisier qui révolutionnaient la chimie en développant le concept de réactions chimiques entre atomes: la notion de transformation d'éléments d'autres éléments. Les correspondances que j'ai pu lire entre lui et Lavoisier entre 1784 et 1786 montrent qu'il s'exerçait surtout à réaliser des protocoles adaptés à démontrer les thèses des chimistes modernes. Laplace, Berthollet, Chaptal et Condorcet furent également en correspondance avec lui. Les travaux de cette école trouvèrent une multitude d'applications dans l'industrie dès le début du XIXème siècle. L'aventure industrielle du Montpelliérain Chaptal en est un exemple régional, H. Reboul exploitera lui-même ses brevets à Pézenas lors de son retour d'Italie.
En association avec Casimir et l'astronome Vidal de Mirepoix ( 1747-1819 ), Reboul participa à l'aventure pyrénéiste. Dans la lignée des travaux de Saussure dans les Alpes, nombreux savants voulurent établir une connaissance précise des Pyrénées, montagnes sauvages et inaccessibles alors. Chaque année, Reboul et ses collègues organisent une ascension dans ces montagnes afin d'y récolter nombre d'informations: mesure de l'altitude des pics, récolte d'échantillons minéralogiques, observations géologiques… et participation à l'élaboration de la première grande flore des Pyrénées établie par Picot de La Peyrouse (1744- 1818 ).
En 1786, âgé de 23 ans, Henri Reboul reçut la reconnaissance de la part de la communauté scientifique en étant coopté comme membre de l'Académie des Sciences de Toulouse. Il devait y publier les premiers travaux de géologie, discipline dans laquelle il se distinguera tout particulièrement dans le cadre régional.
La révolution vint interrompre les travaux scientifiques d'Henri Reboul. Dans la droite ligne des découvertes des sciences nouvelles, le jeune Reboul, licencié en droit depuis l'âge de 21 ans, ne pouvait qu'être attiré par l'expérience d'une transformation sociale majeure. C'est avec le Père de Casimir de Pyumaurin, Syndic du Languedoc, qu'il prend contact avec l'ébullition parisienne. En 1788, Reboul fût nommé adjoint du Syndic pour porter les doléances de la province aux états généraux. Durant les années 1788-1791 H. Reboul revînt à Pézenas où il participera à la rédaction des cahiers de doléances ainsi qu'aux différentes étapes de l'organisation de la France révolutionnaire (sujet qui ne fait pas l'objet de la synthèse actuelle) . En 1791, H Reboul fut élu député de l'Hérault à l'Assemblée Législative. Il quitta alors sa ville natale pour un périple qui, de Paris en tant que révolutionnaire devait le conduire jusqu'en Italie en tant qu'émigré puis à Rome au service de Bonaparte.
 
La période révolutionnaire
(1788-1803)
Action et désillusions…
Le Député Reboul retrouve à Paris nombre d'amis scientifiques avec qui il a travaillé à Toulouse ou avec qui il a entretenu des correspondances. Il est introduit dans les salons parisiens et échange ses expériences avec les grands noms des disciplines scientifiques à l'échelon national.
Fort de ses compétences en chimie, il développera ses actions dans la champ de la gestion des monnaies. Il interviendra également dans le champ "patrimonial" en collaborant au comité qui sera à l'origine de la création des musées nationaux afin de sauvegarder les œuvres de l'ancien régime, de dresser un inventaire des biens des palais parisiens et de constituer une collection chargée de représenter le patrimoine artistique. Il sauvera enfin nombre d'œuvres de bronze ayant été réquisitionnées afin de fondre des canons pour les armées de la révolution.
Parallèlement à son action de spécialiste, H. Reboul se semble pas avoir appartenu à un courant idéologique. Outre le fait qu'il soit souvent cité comme appartenant aux loges maçonniques depuis sa période toulousaine, il ressort surtout une grande liberté d'initiative et d'engagement. C'est ainsi qu'en parallèle avec son action au service du nouvel ordre en construction, Reboul apparaît au coté du Député Dalmas comme correspondant au journal royaliste " la gazette" en 1792.
Durant sa période Parisienne, Reboul était logé chez Lavoisier lui-même. C'est ce dernier qui fît entrer son hôte comme correspondant de l'Académie des Sciences de Paris, section minéralogie. Toutefois son action politique nationale devait prendre fin avec le remplacement de l'Assemblée Législative par la Convention. Reboul rentre à Pézenas et adhère au courant des fédérés girondins qui viennent de perdre le pouvoir à Paris et tentent de le reconquérir à partir d'un mouvement de fronde généré depuis les Provinces. La France menacée de toutes parts cherchait en son sein à démasquer "des agents de l'étranger". Henri Reboul fut dénoncé comme fédéraliste et à ce titre poursuivi. On ne peut déterminer avec certitude si Henri Reboul fit partie d'une association de fédéralistes de l'Hérault car les registres de l'association furent brûlés à Pézenas durant l'été 1792. Mais il s'avère qu'Henri Reboul apparaît également dans nombreux ouvrages traitant de la contre révolution. Le personnage apparaît lié au réseau du Comte d'Entraigues qui conspirait afin de restaurer la monarchie en portant Louis XVIII sur le trône par un coup militaire. Un manuscrit signé d'Henri Reboul "observations sur l'état de la France" est conservé aux archives du Foreign Office. C'est depuis son exil de Barcelone puis de Gênes que Reboul participe aux communications du réseau de 1794 à 1795. Toutefois les différentes études publiées se contredisent quant au rôle réel de Reboul dans ce réseau: activiste ou simple informateur, les travaux doivent être poursuivis afin d'éclairer davantage le degré, volontaire ou non, d'implication de Reboul dans le réseau d'Entraigues. C'est en tout cas en "Italie" que se déroulera l'action de notre piscénois de 1794 à 1803
Emigré de 1792 à 1795, Reboul réapparaît au service du Directoire le 15 Mai 1795 Comme Vice Consul de France nommé au Poste d'Administrateur de la Lombardie. Radié des listes des Émigrés, Reboul accompagnera toute l'épopée "Italienne" de Bonaparte en participant à la gestion des territoires administrés par les armées de la République puis du Consulat.
De sa période Italienne, Reboul reviendra en France avec une véritable collection d'œuvres d'arts majeures tel le tableau de Raphaël " les trois grâces".
De retour en France, Reboul s'établit en Bourgogne où il acquiert un Château à Lalande et, en 1803, épouse en secondes noces Melle de Sampigny. De 1803 à 1808, il demeurera en Bourgogne en poursuivant ses travaux scientifiques en rédigeant, notamment, ses mémoires sur les Pyrénées ( le nivellement des Pyrénées, paru en 1806) et ses talents politiques puisqu'on le retrouve président du Collège Electoral d'Auxerre et qu'à ce titre il assiste au sacre de Napoléon.
Toutefois, à la mort de son Père qui survint en 1809, H. Reboul et sa femme s'établissent à Pézenas.
La retraite piscénoise: 1809-1839:
Grâce à son héritage et aux produits de la vente de ses propriétés de Bourgogne, Henri Reboul Se lance dans le sillage de Chaptal dans l'exploitation de brevets de chimie. Il acquiert le site qui correspond au sommet Sud de l'impasse des Capucins et, en 1810, y développe ses ateliers dont l'activité première semble être une distillerie de marc de raisin et une production de produits dérivés: de sirops et de sucres de raisin. D'autres ateliers sont également créés afin de produire des cendres gravelés, de la crème de tartre, de l'acide sulfurique, soude factice et acétate de plomb (on peut imaginer alors quelles odeurs devaient recouvrir Pézenas certains jours !). En étudiant le cadastre, on peut d'ailleurs s'apercevoir que la famille Reboul possède en 1820 la quasi totalité des demeures et Hôtels du cotés gauche de l'ancien impasse des Capucins, le nom de rue Reboul est alors totalement justifié. Le témoignage de M. De Jouy, Académicien qui s'était donné comme tâche de dresser le portrait des Français de Province et qui vint rencontrer Reboul Dans le Domaine familial de Peyrat en 1818, montre également qu'H. Reboul testait l'usage de produits chimiques dans les cultures du domaine et qu'il retirait des cultures des récoltes que jalousaient ses concurrents.
Durant les étés des années 1810 à 1822, H. Reboul poursuit ses études Pyrénéennes entamées avec Casimir de Puymaurin et Vidal de Mirepoix. Parallèlement, il approfondit ses recherches géologiques dans le piscénois. Ces travaux vont accaparer ses dernières années et lui permettre d'être distingué des autorités scientifiques de son temps. Ses réussites scientifique n'allèrent pas de pair avec celles de son entreprise chimique et agricole. Dans la foulée de l'effondrement des cours agricoles débuté en 1817, les entreprises de H. Reboul sont en faillite en 1822 et il doit vendre ses collections d'œuvres d'arts rapportées d'Italie afin de rembourser ses créances. C'est d'ailleurs au travers de cette mésaventure que l'on peut enfin deviner l'ampleur de la richesse de ses collections privées. Les œuvres furent vendues soit à des notables locaux; comme le Sénateur d'Empire François Curée, soit à des institutions régionales ou parisiennes: Citons "le Pape Grégoire XV" du Dominiquin peint à Bologne en 1554 et qui fût acheté par F. Curée afin d'orner sa galerie personnelle dans son Domaine de retraite de Piquetalin sur les flancs des collines de Castelnau-de-Guers. Curée en fît legs à la Société Archéologique de Béziers et ce tableau se trouve aujourd'hui exposé au Musée de Béziers. Le deuxième exemple est celui du tableau de Raphaël nommé " les trois grâces"… Cette œuvre aurait pu intégrer les collections du Musée de Montpellier pour un prix modique. Mais en 1822, la peinture Hollandaise était en vogue et les acquisitions se détournaient des peintres Italiens. De plus, il était impensable pour les érudits montpelliérains qu'un tel chef d'œuvre pu avoir été oublié dans les négociations du Congrès de Vienne qui, en 1816 devaient régler les modalités des restitutions des œuvres "pillées" sous l'administration française de la République Romaine. Considéré comme copie, l'achat du tableau fut refusé par le comité de gestion du Musée. Il intégra alors de cercle des ventes nationales, il fut acquit par un anonyme anglais puis par le Duc d'Aumale en 1894. Depuis cette date il figure dans les collections du Château de Chantilly, propriété de l'Institut. Le Musée Fabre possède deux tableaux issus des collections Reboul: Une copie de "la transfiguration" de Raphaël et une "mise au sépulcre"attribuée à Vénusti.
Le mythe du ratage des "trois grâces" a longtemps hanté le milieu montpelliérain et c'est peut être par nostalgie que leurs statues ornent la place de la comédie…
Sorti des difficultés financières, H. Reboul consacra les années 1825- 1839 à un important travail d'écriture de ses mémoires scientifiques et politiques.
A partir des années 1830, il publie nombre d'analyses sur la révolution et l'aventure napoléonienne. Il livre également une analyse et des perspectives pour la France du XIXème siècle. En 1833, il interviendra dans le débat et la gestion politique locale en publiant un hebdomadaire libéral. Il y constate l'impasse de la France en 1830 et développe une ligne politique basée sur l'application de Lois Naturelles " Le monde se gouverne de lui-même, la recherche des lois qui règlent les mouvements politiques des peuples constitue leur histoire naturelle qu'il faut entreprendre de rechercher avec un esprit désintéressé et impartial". Il y dénonce également le retour à l'ordre monarchique " c'est à la cour que se font les ministres, que se règlent les mesures auxquelles il s'agit d'amener les chambres". C'est une France soumise à la reprise en main par le pouvoir royal et au discrédit de la classe politique par perte d'intérêt de la part de la "classe électorale" que nous décrit l'auteur. Un appel à l'éveil des consciences et au retour du parlement souverain qui trouvera un écho dans les révoltes des années 1840…
Dans le cadre scientifique, Reboul déjà membre de l'Institut, est coopté membre de la toute jeune Société Géologique de France en 1831. Il occupa alors son temps entre Pézenas et Paris pour assister aux séances des sociétés savantes. Il participa à la création d'un maillage régional d'érudits au service des facultés. Il accueilla et guida nombre de scientifiques lors de leurs études locales tant au niveau géologique que paléontologique. Il constitue la première collection connue du site du Riège qui jouxte son domaine de Peyrat. Cette collection sera léguée à sa mort à la Faculté de Montpellier et est intégrée à la Collection de paléontologie de l'U.S.T.L.
Le fondateur de la Société Géologique de France viendra en 1833 réaliser des études sur le piscénois accompagné par Reboul. Les mémoires de cette Société nous permettent d'approcher l'implication de Reboul dans les débats scientifiques "au Sud Est de Nizas, au milieu de ce plateau de lave très décomposé, un vaste enfoncement dont le pourtour est très évasé, et le fond est peut-être 10 à 15 pieds au dessous du plateau. Cette cavité circulaire est occupée maintenant par un champ , depuis qu'on en a fait écouler l'eau par une tranchée faite dans la lave. M. Reboul regarde cette cavité comme la place de l'ancien cratère qui a vomi ces laves."…Interprétation encore valable de nos jours.
La géologie débordait du cadre scientifique et les enjeux théologiques engorgeaient les théories qui voulaient rendre compte de l'origine et de l'histoire de la Terre. Dans un contexte de libération de cette discipline de l'emprise des dogmes, Reboul a forgé ses opinions au contact de débats avec les plus grands scientifiques dont Cuvier. Histoire du globe évolution des espèces, tous les grands débats qui forgèrent notre vision moderne du monde furent au centre des préoccupations auxquelles Reboul contribua pour sa modeste part avec plus ou moins de bon sens d'ailleurs:
" Le déluge est raconté par Moïse comme un fait miraculeux. Aucune loi naturelle connue ne fournit les éléments de cette inondation telle qu'elle est racontée. Elle est donc physiquement inexplicable, et d'ailleurs vouloir l'expliquer, n'est-ce pas nier le miracle ?…En fait de miracle il ne faut rien admettre à demi, mais dire avec Tertullien: Je crois parce que c'est impossible. Telle est la règle de l'autorité dans le domaine qui lui est propre… Ceux qui veulent convertir un miracle en phénomène naturel ne servent pas la raison et manquent à la foi…La doctrine diluvienne… n'est donc ni religieuse ni géologique… un mélange des choses sacrées et des profanes engendre nécessairement une physique imaginaire et une religion hérétique". Opposé à la démarche de lien entre les textes sacrés et l'étude de la Terre, Reboul pris le parti de détacher le rôle de la science de l'affrontement avec le clergé: une "laïcisation" du débat afin d'en permettre sa poursuite sans risquer la censure. Par la suite, la confrontation devenant inévitable, Reboul ralliera les positions anti-diluviennes et constituera un pôle guidé par le géologue régional Jules de Christol  avec qui il démontra que les dépôts attribués au déluge se sont nécessairement formés durant un temps très élevé et une action continue, deux conditions incompatibles avec la catastrophe de la Bible.
En matière d'évolution Reboul reste vague dans ses considérations. Il exclut d'emblée toute compréhension du phénomène premier d'apparition de la vie. Ensuite il épouse les thèses de Cuvier quant au rôle éliminateur des catastrophes. Il invoque un processus d'apparition secondaire afin d'expliquer la persistance du vivant " L'apparition des espèces animales quaternaires est simultanée sur les divers points du Globe terrestre où elles ont été modifiées originairement par les éléments locaux puis regroupées diversement par l'effet des émigrations et des communications".  Dans ses dernières publications qui portent sur l'Homme il admet la notion de continuité et de transformations conduisant à une amélioration: "on peut induire des analogies que laisse entrevoir la loi de continuité dans la succession des êtres que les hommes grossiers et informes ont précédé sur terre les races ou espèces plus parfaites… On ignore si les quadrumanes ont précédé le genre Humain, mais on pourrait le présumer , d'après les rapports de transition qui placent ces animaux dans un ordre intermédiaire…"
Dans ce contexte d'émulation, Henri Reboul restera très prolixe jusqu'à épuisement. De son propre aveu, même si le poids des années pèse , les sciences et plus particulièrement la géologie constitueront une source de stimulation qui entretiendra sa soif de vivre afin d'assister aux découvertes qui éclaireront les incertitudes de la veille… Ainsi l'écrit-il à son ami géologue Marcel de Serres: " Mon cher confrère en géologie, je dois à cette belle science d'oublier un peu que l'approche du terme… n'est pas loin de moi. Les combinaisons de l'ancienne histoire de notre monde me tiennent en haleine…"
Henri Paul Irénée Reboul meurt à Pézenas le 17 Février 1839 à l'âge de 76 ans. Son tombeau familial est au cimetière de la Ville. Que ces notes incomplètes redonnent quelque peu du sens à cette plaque qui désigne si incomplètement l'ancien impasse des Capucins dans l'attente d'une publication globale quand mes recherches auront abouti dans l'intégralité des champs d'investigation.
 NB: Les militaires ont leurs médailles, la communauté scientifique reconnaît les mérites des siens en fixant leur nom dans la nomenclature des êtres vivants. Le nom de Reboul est fixé dans une espèce de Mousse, deux de poissons fossiles déterminés par Paul Gervais de Rouville dans les marnes du miocène du piscénois: Perca reboulii et Sandroserrus reboulii, ainsi que dans une espèce d'escargot fossile: Hélix Reboulii.
J. Ivorra
Publications