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Au moment où la Municipalité de notre ville se porte en avant
garde sur un projet Européen d’éco-lotissement, notre cité ne doit pas
laisser passer la chance que représente pour son image la création d’une
zone Natura 2000 destinée à préserver l’habitat de plusieurs espèces de
chauves souris.
Une directive Européenne largement ratifiée par notre pays,
oblige les Etats membres à proposer une liste de sites représentants des
habitats naturels menacés. Concernant les chauves souris le site de Pézenas
est proposé dans une circulaire du 23 novembre 2004 afin d’achever pour
décembre 2005 la constitution du réseau Natura 2000.
Cette liste soumise pour avis au conseil municipal de la
commune concernée sera transmise par le Préfet au Ministre de l’Écologie et
du Développement Durable lequel prendra la décision finale.
La zone proposée pour Pézenas est entourée par un trait noir
dans la carte ci-dessous :
Ce sujet était à l’ordre du jour du Conseil Municipal du mois
de septembre et, sur intervention de la SPN, il a été retiré pour engager
une consultation entre les élus et nous.
La zone concernée englobe le trajet du fameux « souterrain »
depuis la Mère des Fontaines jusqu’au rond-point de la caserne des
pompiers. Elle inclut des sites inscrits à l’inventaire du patrimoine : Font
douce, Saint Siméon et Le Larzac. Les limites sud étant constituées par les
domaines de Laval et de Plaisance.
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Zone natura 2000 de Pézenas |
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Cliquez sur les images pour agrandir |
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Premièrement,
L’intérêt de ce site est faunistique, l’aqueduc souterrain constitue un lieu
de nidification et de reproduction de plusieurs espèces de chauves souris
dont le Minioptére de Schreibers et le Grand Murin, espèces en voie de
régression en Europe et dont il faut protéger l’habitat.
Le site proposé comprend outre le lieu d’hibernation et
d’estivage , les zones d’alimentation
Notamment le long de la Peyne et du Saint Martial.
Le Grand Murin, et le Petit Murin représentent quelques
700 individus. Le Minioptére est le plus représenté avec 2500 individus
environ. Les lieux favorables à ces espèces étant rares dans le midi, le
classement de l’aqueduc est donc primordial d’autant que la commission
européenne confortée par les études du Muséum d’Histoire Naturelle, relève
des lacunes pour 87 espèces nicheuses dont les deux espèces représentées à
Pézenas .
Une femelle ne met au monde qu’un seul petit par portée ceci
étant compensé par une longévité de plus de 30ans .
Les prédateurs de notre chiroptère sont la chouette, la
fouine et la martre. Mais avant tout l’homme, par l’intermédiaire de
l’agriculture et de ses pesticides et insecticides, est le prédateur numéro
1. Il faut ajouter aussi la déforestation et l’abattage des haies, la
modernisation des bâtiments, la fermeture des greniers et cavités pour
lutter contre les pigeons.. Les perturbations météorologiques enfin peuvent
provoquer la disparition de plus de la moitié des jeunes de l’année.
La France est nettement en retard au niveau Européen, elle ne
propose que 4,9% de son territoire contre 17% pour l’Espagne et 20% pour les
Pays Nordiques.
Les chauves souris sont des mammifères volants très utiles :
une seule pipistrelle peut dévorer jusqu’à 600 moustiques en une seule nuit
et une colonie de 500 Murins consomme une tonne d’insectes en une année.
Mais elles sont victimes de leur réputation maléfique au même titre que la
chouette. Assimilées au monde démoniaque, si les anges ont des ailes
d’oiseaux, les démons empruntent celles de la chauve souris.
Deuxièmement,
le souterrain lui-même présente un valeur patrimoniale certaine. Peu connu,
victime de certaines dégradations, il est en train de disparaître
lentement : effondrements ici, obturation des puits d’aération ailleurs,
pompages intempestifs… Bientôt il n’en restera plus que le souvenir dans nos
mémoires d’anciens Piscénois nostalgiques du temps où nous allions passer
nos jeudis dans ses obscures galeries !
Est-il romain ? Peu importe, c’est un aqueduc qui a joué un
rôle primordial dans l’alimentation en eau de la ville. Où commence-t-il et
où finit-il ? Va-t-il de Peyrat au Château, va-t-il jusqu’à la Grange des
Prés comme le prétendent certains anciens ? Partout il y a des souterrains
qui font fantasmer les jeunes et les moins jeunes, domaine de l’obscurité et
des créatures étranges ils gardent une part de mystère, aussi nous ne vous
en dirons pas plus !
Troisièmement,
le site en question constitue un paysage très peu urbanisé ce qui est rare
dans notre commune. On y trouve des sites intéressants du point de vue
historique : Font Douce, Saint Julien (ou demeure le Chien qui ronge l’os),
le Larzac et l’Ermitage de Saint Siméon. C’est dans ce lieu que résidait le
fameux Père Issac, qui en nettoyant l’aqueduc, obtint le droit de construire
l’ermitage.
Notre crainte est que la commune ne se laisse entraîner dans
des projets d’urbanisation défigurant à jamais ce site particulier.
Promoteurs et chasseurs même font pression pour obtenir le
refus du classement de cette zone en Natura 2000. Les chasseurs font une
erreur en adoptant cette attitude car si cette zone se construit ils ne
pourront plus y chasser alors que si elle est classée, la chasse pourra y
continuer !
A notre avis il faudrait classer outre cette zone, celle de
l’Estang, qui constitue un réservoir de nourriture pour les chauves souris
jusqu’à la D39 qui relie Tourbes à Pézenas ; car ces terrains sont de plus
en plus victimes de comblements qui risqueront de mettre en péril les
lotissements de la Grange Rouge.
La ville de Pézenas, refusant de céder aux pressions des uns
et des autres, verrait son image de marque valorisée en adhérant
spontanément au projet Natura 2000 : pourquoi prendre le risque de refuser
un site que l’on risque de se voir imposer par les autorités étatiques ?
Paul Ivorra . |